Est-ce que en Turquie on parle le français ?

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Si lusage du français a décliné en Turquie, il reste présent. Autrefois courant dans les grandes villes comme Istanbul et Izmir, le français est toujours enseigné. On le retrouve à tous les niveaux scolaires, des écoles maternelles aux universités, à la fois dans le secteur public et dans les institutions privées.

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Le Français en Turquie : Une présence discrète mais persistante

Si l’image d’une Turquie francophone relève aujourd’hui d’une époque révolue, la langue de Molière n’a pas pour autant disparu du paysage linguistique du pays. Loin de l’aura qu’elle possédait autrefois, notamment dans les cercles intellectuels et bourgeois d’Istanbul et d’Izmir, la langue française conserve une présence discrète mais tenace, tissée dans le tissu éducatif turc.

Au XIXe et début du XXe siècle, le français jouissait d’un prestige considérable en Turquie. Considéré comme la langue de la culture, de la diplomatie et du progrès, il était couramment pratiqué au sein des élites ottomanes, fascinées par les Lumières et la Révolution française. L’influence française se reflétait dans la littérature, la mode et même l’architecture de l’époque.

Cependant, l’essor du nationalisme turc et la montée en puissance d’autres langues, notamment l’anglais, ont progressivement relégué le français à un rôle plus secondaire. L’apprentissage de l’anglais, perçu comme la langue du commerce et de la technologie, est devenu une priorité, reléguant le français au rang d’une option, certes appréciée, mais moins stratégique.

Malgré ce déclin, le français continue d’être enseigné à tous les niveaux du système éducatif turc. Des écoles maternelles aux universités, en passant par les lycées, on retrouve des cours de français, tant dans les établissements publics que privés. Si le nombre d’élèves choisissant le français comme langue étrangère a diminué, il existe toujours un intérêt pour cette langue, notamment parmi les étudiants souhaitant poursuivre des études supérieures en France ou dans d’autres pays francophones.

De plus, certaines institutions culturelles, comme l’Institut Français d’Istanbul, continuent de promouvoir la langue et la culture françaises à travers des cours, des événements et des collaborations avec des acteurs locaux. Ces initiatives contribuent à maintenir vivant l’héritage francophone en Turquie et à offrir des opportunités d’apprentissage et d’échange.

En conclusion, bien que le français ne soit plus la langue dominante qu’il fut autrefois en Turquie, il conserve une place particulière dans le paysage linguistique du pays. Son enseignement persistant dans le système éducatif et les efforts continus des institutions culturelles témoignent de sa résilience et de l’intérêt qu’il continue de susciter auprès d’une partie de la population turque. L’avenir du français en Turquie dépendra sans doute de la capacité de ses promoteurs à le présenter non seulement comme un héritage du passé, mais aussi comme un atout pour l’avenir, dans un monde de plus en plus globalisé et interconnecté.