Quand faire un garrot ou un point de compression ?

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Savoir quand faire un garrot ou un point de compression dépend de la gravité de l'hémorragie. La compression directe sur la plaie reste l'étape fondamentale et efficace pour stopper le sang. Le garrot s'utilise uniquement si cette pression est inefficace ou en cas d'afflux massif de victimes menaçant le pronostic vital.
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Quand faire un garrot ou un point de compression: les règles

Déterminer quand faire un garrot ou un point de compression savère essentiel lors dun accident pour stopper un saignement abondant. Maîtriser ces gestes de premiers secours protège la victime et évite daggraver sa situation. Découvrez les critères précis pour appliquer la bonne technique face à une urgence vitale.

Quand faire un garrot ou un point de compression?

Face à une hémorragie externe abondante, chaque seconde compte, mais la panique pousse souvent à commettre des erreurs fatales dans le choix des gestes durgence.

Il est essentiel de comprendre que la hiérarchie des secours obéit à une logique de graduation médicale très stricte, où le garrot ne simprovise jamais en premier recours. Souvent, la question de savoir quand poser un garrot ou un point de compression suscite lhésitation chez le sauveteur non spécialisé, par peur daggraver létat de la victime ou de léser définitivement ses tissus. Pourtant, une intervention méthodique et rapide permet de sauver des vies bien avant larrivée des services de secours.

La compression directe: Le premier réflexe incontournable

Avant denvisager des méthodes plus invasives comme le garrot, la compression directe sur la plaie constitue létape fondamentale pour stopper lécoulement du sang.

En[1] appuyant fermement directement sur lendroit qui saigne avec la paume de la main ou les doigts protégés par un linge propre, on comprime les vaisseaux sanguins endommagés contre los sous-jacent.

Cest un geste dune efficacité redoutable dans la grande majorité des situations durgence quotidienne, quil sagisse dune chute ou dun accident domestique. Application immédiate: Agir dès les premières secondes pour limiter la perte de volume sanguin. Pression maintenue: Ne pas relâcher la pression pour observer si le saignement sest arrêté, sous peine de détruire le caillot en formation. Relais: Maintenir le geste jusquà larrivée des secours ou linstallation dun dispositif de compression relai.

Néanmoins, la compression directe montre ses limites dans des scénarios précis, ce qui amène à envisager des alternatives techniques. Par exemple, si la plaie est trop large, déchiquetée, ou si un objet contondant y est profondément enfoncé, appuyer directement dessus aggraverait la lésion et accentuerait lhémorragie. Cest précisément dans ces cas de figure que lon doit basculer vers dautres protocoles de secourisme.

Le point de compression à distance: L'alternative intermédiaire

Le point de compression à distance nest plus enseigné dans les formations grand public de secourisme en France car il a été supprimé des référentiels. [2] Cette ancienne technique consistait à écraser lartère principale qui irrigue le membre blessé contre un os, en amont de la plaie, cest-à-dire plus près du cœur.

Par exemple, pour une hémorragie sévère de lavant-bras, on exercera une pression au niveau de la face interne du bras pour bloquer lartère humérale. Zone stratégique: Appuyer sur les points de passage obligés des gros troncs artériels. Indication principale: Présence dun corps étranger ou impossibilité matérielle de comprimer la plaie elle-même. Contrainte physique: Demande de la force et de la précision pour maintenir locclusion artérielle sans glisser.

Lets be honest: maintenir un point de compression à distance à la main demande un effort physique considérable et peut rapidement fatiguer le sauveteur en situation de stress. Cest pourquoi cette méthode sert souvent de transition rapide vers une solution mécanique définitive si lhémorragie persiste malgré tout.

Le garrot: L'ultime recours en cas d'urgence vitale

Le garrot tourniquet est un dispositif médical ou un lien large utilisé uniquement pour arrêter totalement la circulation sanguine dans un membre en cas dhémorragie sévère et incontrôlable. [3] Contrairement aux idées reçues véhiculées par les films daction, il ne doit jamais être utilisé comme premier réflexe.

On y a recours lorsque la compression directe est inefficace, en cas dafflux massif menaçant le pronostic vital à très court terme, ou dans des situations dafflux de victimes où le sauveteur est submergé. Règle absolue: Poser le garrot en amont de la plaie, directement sur la peau si possible, ou sur un vêtement fin pour limiter les brûlures cutanées.

Serrage progressif: Serrer jusquà larrêt total et visuel du saignement et la disparition du pouls distal. Traçabilité: Noter précisément lheure de pose sur le dispositif ou sur le front de la victime pour informer les équipes médicales.

Laisser un garrot en place trop longtemps engendre des risques de nécrose tissulaire et de lésions nerveuses irréversibles pour le membre concerné. Autrefois diabolisé au point dinterdire sa manipulation par le grand public, le garrot moderne est aujourdhui réhabilité dans les recommandations de secourisme pour les cas dhémorragies extériorisées graves par section de membre ou échec des compressions. Néanmoins, une fois posé, il ne doit plus jamais être desserré par un civil, sous peine de libérer des toxines accumulées dans la circulation générale.

Cas pratiques et erreurs courantes à éviter sur le terrain

Analyser des situations réelles aide à mieux comprendre la frontière entre ces trois gestes de secours. Prenons lexemple de Thomas, secouriste bénévole lors dun événement sportif en plein air à Lyon, confronté à une grave blessure à la jambe suite à la chute dun mât métallique. La plaie présentait un morceau de métal incrusté de grande taille, rendant toute compression directe strictement impossible.

Erreur initiale fréquente: Vouloir appuyer sur la plaie ouverte malgré lobjet, ce qui aurait aggravé la déchirure artérielle. Ajustement tactique: Application immédiate dun point de compression sur lartère fémorale au pli de laine, relayée rapidement par la pose dun garrot tactique. Résultat concret: Lhémorragie a cessé en moins de 90 secondes, stabilisant la victime jusquà lintervention du SAMU.

Noublions pas non plus les contraintes matérielles: en labsence de garrot tourniquet officiel, lutilisation dun lien large et non extensible (comme une cravate ou une bande de tissu solide) associée à un bâton pour faire un système de torsion reste envisageable. Toutefois, cette méthode de fortune demande une vigilance accrue pour éviter de sectionner les chairs sous la pression excessive dun lien trop fin.

Comparatif des techniques d'arrêt des hémorragies

Le tableau ci-dessous détaille les critères d'utilisation, les avantages et les limites de chaque méthode de secours face à un saignement abondant.

Compression directe

  1. Inapplicable en présence de corps étrangers ou de plaies déchiquetées
  2. Premier réflexe systématique pour toute plaie qui saigne abondamment
  3. Minime, aucun risque de nécrose si appliqué correctement
  4. Très simple, ne nécessite aucun matériel spécifique si ce n'est un linge propre

Point de compression à distance

  1. Difficile à maintenir seul sur de longues durées sans renfort
  2. Intermédiaire, utilisé si la compression directe est impossible
  3. Faible à modéré, engendre une fatigue musculaire rapide du secouriste
  4. Nécessite de connaître la localisation anatomique exacte des artères

Garrot tourniquet

  1. Réservé exclusivement aux membres (bras et jambes)
  2. Ultime recours pour les hémorragies incontrôlables ou en zone dangereuse
  3. Élevé (risque de nécrose ou de paralysie si maintenu trop longtemps)
  4. Demande une formation minimale ou un dispositif tactique intuitif
La progression logique des secours impose de toujours débuter par la compression directe. Le garrot et le point de compression interviennent en second rideau lorsque la situation anatomique ou l'abondance du flux l'exigent impérativement.

L'intervention de Thomas face à un accident de chantier

Thomas, technicien de maintenance de 32 ans à Marseille, se trouvait sur un chantier lorsqu'un de ses collègues a subitement reçu un éclat de verre tranchant dans l'avant-bras, provoquant une effusion de sang en jet.

Pris de panique initiale, Thomas a failli attraper sa ceinture pour improviser un garrot directement, craignant une issue fatale immédiate en voyant l'ampleur de la mare de sang.

Il s'est ravisé à la dernière seconde en se rappelant les consignes de base: il a plaqué ses mains nues protégées par des gants directement sur la plaie béante en appuyant de tout son poids.

Le saignement s'est stabilisé en moins de deux minutes, permettant aux secours d'arriver sereinement sans que le membre ne subisse les lésions ischémiques d'un garrot mal posé.

Pour aller plus loin sur la sécurité des blessés, découvrez également Quand ne pas utiliser de garrot?

Message clé

Respecter la hiérarchie des gestes d'urgence

Toujours commencer par une compression directe ferme avant d'envisager un point de compression ou un garrot.

Réserver le garrot aux situations extrêmes

Le garrot s'utilise uniquement en cas d'hémorragie incontrôlable ou d'impossibilité de comprimer directement la plaie.

Ne jamais desserrer un garrot en milieu civil

Une fois posé, seul le personnel médical qualifié est habilité à retirer ou ajuster un garrot.

Lectures recommandées

Peut-on desserrer un garrot soi-même pour laisser circuler le sang?

Non, il ne faut jamais desserrer un garrot soi-même une fois qu'il a été posé. Cette action risque de relâcher brutalement des toxines dans l'organisme et de réactiver l'hémorragie, mettant la vie de la victime en danger immédiat.

Combien de temps un garrot peut-il rester en place?

Un garrot doit idéalement être retiré ou pris en charge par une équipe médicale qualifiée dans les plus brefs délais, généralement en moins de deux heures pour éviter des lésions irréversibles sur les tissus et les nerfs du membre.

Pourquoi la compression directe est-elle toujours prioritaire?

La compression directe stoppe l'hémorragie à la source sans couper l'irrigation sanguine globale du membre. Elle évite ainsi les complications ischémiques graves associées à l'utilisation d'un garrot ou à la fatigue d'un point de compression.

Cette information est fournie à des fins éducatives et ne remplace en aucun cas un avis ou une prise en charge médicale professionnelle. En cas d'urgence vitale ou de saignement abondant non contrôlé, contactez immédiatement les services de secours d'urgence.

Documents de Référence

  • [1] Croix-rouge - Avant d'envisager des méthodes plus invasives comme le garrot, la compression directe sur la plaie constitue l'étape fondamentale pour stopper l'écoulement du sang.
  • [2] Fr - Le point de compression à distance n'est plus enseigné dans les formations grand public de secourisme en France car il a été supprimé des référentiels.
  • [3] Girodmedical - Le garrot tourniquet est un dispositif médical ou un lien large utilisé uniquement pour arrêter totalement la circulation sanguine dans un membre en cas d'hémorragie sévère et incontrôlable.